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La personne aphasique qui ne parle pas,
et même son entourage, croient souvent à tort qu'elle devra réapprendre
à parler, à lire et à écrire comme l'enfant à l'école. Tel n'est
pas le cas, puisqu'il s'agit de retrouver le langage qu'elle maîtrisait
auparavant, donc qui lui est familier. Par conséquent, dès le départ,
il convient de mettre l'accent sur des mots entiers, sans nécessairement
réapprendre les lettres de l'alphabet.
On tentera donc d'abord de lui faire
nommer les personnes qui l'entourent, les objets familiers qu'elle
utilise fréquemment ( lit, verre, toilette, savon, etc. )
On encouragera aussi la production
d'expressions familières ou de courts ordres pour exprimer un besoin :
de l'eau ! ( «donne-moi de l'eau !» ) fini !, porte ! (« ouvre la porte !»
), encore !, bonne nuit !, etc. Il est aussi plus facile pour la
personne de dire un chiffre si elle le replace dans une série ( en
comptant de un jusqu'au chiffre voulu ) que de le dire isolement.
Ainsi, n'étant pas capable, par exemple, de dire spontanément
combien d'enfants elle a, la personne aphasique pourrait dire : «
j'ai… un, deux, trois, trois enfants». On peut l'encourager à utiliser d'autres
séries comme les jours de la semaine, les mois de l'année, les
choses apprises par cœur ( chansons, prières ) qui sont aussi des
automatismes
a) Que faire si la
personne ne trouve pas le mot voulu ?
Il vaut mieux l'aider à trouver le mot
qu'elle cherche plutôt que de le dire à sa place. On peut l'aider
par les moyens de facilitation suivants :
-
lui fournir le premier son ou la première syllabe du mot
ex. un «s____ » ou «le sa____ » pour savon ;
-
commencer une phrase qui amène logiquement le mot voulu
ex. «on se lave avec de l'eau et du
________ » et lui laisser trouver ce mot
;
-
on peut également donner le premier son du mot et en même
temps l'accompagner d'un geste significatif ou d'une mimique appropriée
( mais non exagérée).
Pour éviter que la personne devienne dépendante
d'un moyen de facilitation, on adopte celui qui semble le plus
efficace au début puis, graduellement, on les varie d'une fois à
l'autre ou, encore, on les combine pour avoir plus d'effet.
À mesure que la personne récupère son
vocabulaire, on tente de diminuer le nombre et la fréquence
d'utilisation des moyens de facilitation pour qu'elle arrive à
s'exprimer par elle-même.
On ne doit pas faire répéter
inutilement de nombreuses fois le mot trouvé en espérant que la
personne s'en souviendra mieux. Les mots seront retrouvés de plus en
plus souvent, par une simple association avec l'objet correspondant ou
avec la situation en cours.
b)
Que faire si la personne se trompe de mot?
Par opposition au patient qui ne parle à
peu près pas, celui qui parle beaucoup mais qui se trompe de mot ou
qui déforme les mots, n'est souvent pas conscient des erreurs qu'il
fait. Il convient donc d'abord de le faire taire pour obtenir son
attention et lui permettre de se concentrer. Il devient alors possible
de lui présenter le bon mot et de l'amener graduellement à prendre
conscience de ses erreurs.
Par exemple, si la personne dit «soulier»
ou «tamabon» au lieu du mot «savon» on l'arrêtera, on
essaiera de lui faire trouver le mot recherché à l'aide d'un moyen
de facilitation ou on la fera répéter.
c) Doit-on
se limiter à faire nommer des objets à la personne aphasique ?
Graduellement, on peut aider la personne
aphasique à développer un langage plus élaboré en l'encourageant
non seulement à nommer des objets, mais aussi à dire ce qu'elle est
en train de faire, à décrire des actions de la vie quotidienne au
moment où elles se produisent.
D'abord, on verbalise pour elle ces
actions en l'encourageant à écouter puis à répéter ou bien à
essayer de les dire en même temps que nous, sans toutefois insister
sur les mots courts ( et, du, le, de ). Ainsi, durant les repas ou au
moment de se laver ou de s'habiller, on utilisera le vocabulaire
correspondant :
- le nom des objets qui sont sur la table, mais aussi: «donne-moi» ou «passe-moi le…
»;
- le nom des différents vêtements et les actions qui y
correspondent comme : «ôter»,
«enlever» et «mettre»;
-
le nom des articles de toilette (savon, eau chaude,
eau froide, bain, serviette), des parties du corps mais aussi les
actions qui sont posées à ce moment :
«je lave», «j'essuie», etc.
Quel que soit le problème expressif de
la personne aphasique, il ne faut pas lui demander au début une
production parfaite, ni toujours exiger d'elle la bonne réponse.
L'important, c'est de l'encourager à essayer et de la féliciter de
ses efforts, même si la réponse demeure imparfaite.
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